R9e. 5 idées reçues fréquemment émises à l’encontre des pair-aidants (OMS, FAS Bretagne, GT PAA)
Idée reçue n° 1 : « Il faut être complètement rétabli pour exercer en tant que pair-aidant·e » [2]
- Dans le domaine de la santé mentale, on demande généralement que les personnes soient « rétablies » ou « en voie de rétablissement » pour pouvoir exercer en tant que pair-aidant·e. [2]
- Le problème, c’est que cette exigence repose sur une notion de rétablissement qui reste floue : à partir de quand peut-on dire qu’une personne est suffisamment « rétablie » ? Qui en décide ? Et selon quels critères ? Cette ambiguïté soulève des questions importantes sur les représentations du rétablissement, qui est avant tout un processus personnel, non linéaire, et souvent sans fin. Toutefois, on peut évaluer la manière dont la personne raconte et se positionne par rapport à son parcours de rétablissement lors d’un entretien d’embauche [3].
Idée reçue n° 2 : « Les travailleurs·ses pair-aidant·e·s sont plus légitimes que les professionnel·le·s » [2]
- La présence d’un·e travailleur·se pair-aidant·e ne remet pas en question la légitimité des autres professionnel·le·s à mobiliser leur propre vécu. Chacun a son histoire, son parcours, qui influencent sa posture professionnelle [2] . Rien n’empêche que les professionnel·le·s non pair puisse aussi partager des expériences personnelles qu’ils/elles auraient vécus. Cela contribue d’ailleurs à une meilleure cohésion d’équipe car une plus large acceptation de la vulnérabilité de chacune et chacun [3].
- Cependant, les professionnels « classiques » ne sont pas recrutés sur la base de leur vécu, mais pour leurs compétences et leur formation. Les travailleurs sociaux, par exemple, interviennent d’abord en tant que professionnels qualifiés. La pair-aidance vient en complément, avec une autre forme de savoir, issue de l’expérience traversée, réfléchie et partagée [3].
Idée reçue n° 3 : « Il suffit d’avoir vécu une souffrance psychique pour devenir travailleur pair » [2]
- Avoir traversé une souffrance psychique est une base, mais ce n’est pas suffisant. Être travailleur·se pair-aidant·e implique d’avoir pris du recul sur son vécu, d’avoir engagé un processus de rétablissement, et d’être en capacité de partager cette expérience à bon escient, et la mettre au service de l’expérience de l’autre (personne concernée ou membre de l’équipe) et de son accompagnement [3].
Idée reçue n° 4 : « Les pairs-aidant·e·s sont fragiles et peuvent rechuter à cause du stress et des responsabilités liées au travail » [1]
- Les pairs-aidant·e·s font preuve de résilience, de stabilité, et d’un profond engagement en faveur de leur rétablissement. Ils devraient bénéficier des mêmes avantages et de la même confidentialité que les autres employés dans la gestion des questions de santé [1, p. 6]. Les pairs-aidant·e·s ont l’avantage d’avoir développé leurs ressources, bien identifier leurs limites et appris à demander de l’aide si besoin. Leur travail sur eux même est une force. Il n’y a aucune preuve que ce travail puisse mener à des rechutes [3].
Idée reçue n° 5 : « Dans le contexte des soins de santé mentale, les pairs-aidant·e·s ont le même rôle que les autres membres du personnel » [1]
- Le rôle principal des pairs-aidant·e·s est de promouvoir l’espoir et la croyance dans la possibilité de se rétablir, l’autonomisation, l’augmentation de l’estime de soi, l’auto-efficacité, la gestion de ses difficultés, l’inclusion sociale et le développement des interactions sociale. En tant que tels, ils agissent, comme les autres professionnel·le·s non pair, au service de la personne mais ils/elles n’ont pas de fonction de clinicien. Par exemple, ils ne devraient pas diagnostiquer les personnes qui utilisent les services ou prescrire/fournir des médicaments. [1, p. 7]
Source(s) principale(s)
[1] OMS, « Soutien individuel par et pour les personnes ayant un savoir expérientiel en santé mentale : guide d’orientation QualityRights de l’OMS », Organisation mondiale de la Santé, Genève, 2022. https://iris.who.int/handle/10665/363958.
[2] FAS Bretagne, « Guide. Réussir l’intégration d’un.e travailleur.euse pair dans sa structure », Fédération des acteurs de la solidarité Bretagne, France, 2023. https://www.federationsolidarite.org/wp-content/uploads/2023/07/Guide_travail-pair2023_web-2.pdf
[3] GT pair-aidance en addictions, « La pair-aidance en addictions – défis et enjeux actuels (Working Paper) », Projet Hôpital et Addictions, 2026.
https://hopital-addictions.ch/pair-aidance/
Cette fiche complète un guide de synthèse sur la pair-aidance en addictions réalisé dans le cadre du projet Hôpital et Addictions.
Elle fait partie d’un cahier de ressources thématiques, téléchargeable au format PDF.
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