R7a. Pratiques conseillées – après le recrutement – pour garantir le bon fonctionnement et la durabilité d’un service de soutien par les pairs (SSP) (SAMHSA 2023)

Préparer une orientation et un accueil adéquats pour les pairs (jumelage)

Même si les nouveaux pairs ont complété la formation et la certification de l’État, ils auront probablement besoin de formation supplémentaire. Les nouveaux pairs devraient faire du jumelage professionnel (job shadowing) avec les membres de l’équipe de soins pour mieux comprendre les différents rôles et le flux de travail du programme (page 112, Chapitre 4)

Réf. 495 : Great Lakes ATTC & NAADAC. (2020). Peer Recovery Support Series, Section II: Hiring, onboarding, and integration [Webinar transcript]. https://www.naadac.org/hiring-onboarding-PRSS-webinar

 

La satisfaction des pairs dépend de la compréhension des administrateurs et superviseurs

Des études montrent que la satisfaction au travail des pairs dépend significativement de la compréhension par les administrateurs et les superviseurs de leurs responsabilités. Les administrateurs et superviseurs doivent pleinement comprendre les rôles que les pairs rempliront et rester impliqués dans le processus d’intégration après l’embauche (page 101, Chapitre 4)

Réf. 446 : Almeida, M., Day, A., Smith, B., Bianco, C., & Fortuna, K. (2020). Actionable items to address challenges incorporating peer support specialists within an integrated mental health and substance use disorder system: Co-designed qualitative study. Journal of Participatory Medicine, 12(4), e17053.
Réf. 447 : Mancini, M. A. (2018). An exploration of factors that effect the implementation of peer support services in community mental health settings. Community Mental Health Journal, 54(2), 127–137.
Réf. 448 : Davis, J. K. (2013). Predictors of job satisfaction among peer providers on professional treatment teams in community-based agencies. Psychiatric Services, 64(2), 181–184.

 

Assurer le respect du rôle des pairs

Le personnel non-pair doit se sentir engagé envers les principes de rétablissement et être empathique envers les personnes en rétablissement, y compris les pairs. Le personnel devrait utiliser un langage inclusif, axé sur le rétablissement et les forces, lorsqu’il s’adresse à ses collègues pairs ou les mentionne (pages 112-113, Chapitre 4)

Réf. 496 : Shalaby, R., & Agyapong, V. (2020). Peer support in mental health: Literature review. JMIR Mental Health, 7(6), e15572.
Réf. 497 : Chapman, S., Blash, L. K., Mayer, K., & Spetz, J. (2018). Emerging roles for peer providers in mental and substance use disorders. American Journal of Preventive Medicine, 54(6 Suppl. 3), S267–S274.
Réf. 498 : Scannell, C. (2021). Voices of hope: Substance use peer support in a system of care. Substance Abuse: Research and Treatment, 15, 11782218211050360.
Réf. 499 : Mancini, M. A. (2018). An exploration of factors that effect the implementation of peer support services in community mental health settings. Community Mental Health Journal, 54(2), 127–137.

Donner aux pairs l’occasion d’éduquer le personnel non-pair sur leur travail. Deux études ont montré que cela augmente l’appréciation et la confiance du personnel non-pair envers les contributions des pairs : la première, un sondage rapportant une formation par des pairs en santé mentale sur les principes de rétablissement et le rôle du pair ; la seconde décrivant des sessions d’information sur les populations judiciarisées animées par des pairs (pages 113-114, Chapitre 4)

Réf. 502 : Cabral, L., Strothers, H., Muhr, K., Sefton, L., & Savageau, J. (2014). Clarifying the role of the mental health peer specialist in Massachusetts, USA: Insights from peer specialists, supervisors and clients. Health and Social Care in the Community, 22(1), 104–112.
Réf. 503 : Alberta, A. J., Ploski, R. R., & Carlson, S. L. (2012). Addressing challenges to providing peer-based recovery support. Journal of Behavioral Health Services and Research, 39(4), 481–491.

Les membres de l’équipe multidisciplinaire peuvent à leur tour discuter de leurs rôles et fonctions avec les pairs, favorisant l’apprentissage mutuel et le travail d’équipe (page 114, Chapitre 4)

Aucune référence spécifique citée.

 

Mettre en place une supervision adaptée

La supervision doit être assurée par quelqu’un ayant une perspective de rétablissement ; un superviseur avec expérience de travail comme pair est idéal (page 106, Chapitre 4)

Aucune référence spécifique citée (avis du panel d'experts).

Le superviseur doit comprendre : les rôles des pairs, les questions éthiques liées au travail des pairs, et les exigences de licence et certification de l’État (page 107, Chapitre 4)

Réf. 469 : Silver, J., & Nemec, P. B. (2016). The role of the peer specialists: Unanswered questions. Psychiatric Rehabilitation Journal, 39(3), 289–291.
Réf. 470 : Alberque, F., & Dixon, H. (2016). Peer supervision: Training and credentialing peer supervisors. International Association of Peer Supporters [PowerPoint presentation]. https://www.peersupportworks.org/wp-content/uploads/2021/05/Peer-Supervision-Training-and-Credentialing-iNAPS-2016.pdf

Certains programmes utilisent la cosupervision (un superviseur administratif + un superviseur de développement professionnel/soutien) (page 106, Chapitre 4)

Réf. 468 : Daniels, A. S., Tunner, T. P., Powell, I., Fricks, L., & Ashenden, P. (2014). Pillars of peer support services summit six: Peer specialist supervision. https://mopeerspecialist.com/wp-content/uploads/2018/03/POPS2014.pdf

L’intégration des pairs et du personnel de traitement par le superviseur peut atténuer la compétition, les conflits, la confusion et la tension. Une étude a montré que le facteur le plus important pour une intégration réussie est la perception par les pairs de la qualité de compréhension du travail des pairs par leur superviseur (page 138, Chapitre 5)

Réf. 588 : White, W. L., & Evans, J. (2013). The recovery agenda: The shared role of peers and professionals. Public Health Reviews, 35(2).
Réf. 589 : Kuhn, W., Bellinger, J., Stevens-Manser, S., & Kaufman, L. (2015). Integration of peer specialists working in mental health service settings. Community Mental Health Journal, 51, 453–458.

 

Promouvoir le respect mutuel entre pairs et non-pairs

Les superviseurs doivent traiter les pairs comme des experts du rétablissement qui peuvent éduquer le personnel non-pair sur les défis du rétablissement. Cela peut être réalisé en soulignant que les pairs sont une partie vitale du traitement et en expliquant qu’ils améliorent les résultats, l’accès aux ressources communautaires, l’engagement dans le traitement et inspirent l’espoir (page 138, Chapitre 5)

Réf. 599 : Cabral, L., Strother, H., Muhr, K., Sefton, L., & Savageau, J. (2014). Clarifying the role of the mental health peer specialist in Massachusetts, USA: Insights from peer specialists, supervisors, and clients. Health and Social Care in the Community, 22(1), 104–112.
Réf. 600 : Alberta, A. J., Ploski, R. R., & Carlson, S. L. (2012). Addressing challenges to providing peer-based recovery support. Journal of Behavioral Health Services and Research, 39(4), 481–491.

Les superviseurs peuvent améliorer les relations pairs/non-pairs en : sollicitant le feedback des pairs lors des réunions de tout le personnel ; modélisant l’intégration sociale en invitant pairs et non-pairs à manger ensemble ; organisant des activités de consolidation d’équipe pour l’ensemble du personnel (page 138, Chapitre 5)

Aucune référence spécifique citée (avis du panel d'experts).

 

Développer une communauté de pairs et promouvoir la formation continue

Des réunions régulières réservées aux pairs peuvent aider les nouveaux pairs à s’habituer au programme et à leurs rôles, et à bâtir le moral et la cohésion de l’équipe de pairs. S’il n’existe pas de communauté de pairs dans le milieu de travail, le panel d’experts recommande d’organiser des appels téléphoniques ou vidéoconférences réguliers avec des pairs d’autres programmes (page 114, Chapitre 4)

Aucune référence spécifique citée (avis du panel d'experts).

La formation continue devrait inclure la formation formelle, le coaching en cours d’emploi et la formation continue. Un programme peut aider ses pairs en : permettant aux pairs plus expérimentés de former les moins expérimentés ; fournissant du temps payé pour voyager et assister aux formations ; subventionnant la formation continue ; tenant des sessions éducatives sur des sujets d’intérêt mutuel avec pairs et personnel professionnel (page 114, Chapitre 4)

Réf. 505 : Cronise, R., Teixeira, C., Rogers, E. S., & Harrington, S. (2016). The peer support workforce: Results of a national survey. Psychiatric Rehabilitation Journal, 39(3), 211–221.

Une étude a révélé que plus les pairs passent de temps en autoformation ou étude indépendante (incluant la formation vidéo), moins ils sont satisfaits de leur formation et moins ils sentent que leur rôle est clairement défini par leur superviseur. Les auteurs encouragent l’utilisation du jumelage professionnel et d’autres méthodes interactives plutôt que l’auto-formation (page 114, Chapitre 4)

Réf. 506 : Jenkins, S., Chenneville, T., & Salnaitis, C. (2018). Are peer specialists happy on the job? Psychiatric Rehabilitation Journal, 41(1), 72–75.

 

Offrir une trajectoire de carrière

Le manque de trajectoire de carrière pour les pairs est un problème pour tout le domaine de la santé comportementale. Les pairs citent souvent le manque d’opportunités d’avancement comme cause d’insatisfaction au travail ; certains quittent leur emploi et le domaine en conséquence (page 115, Chapitre 4)

Réf. 507 : Gagne, C. A., Finch, W. L., Myrick, K. J., & Davis, L. (2018). Peer workers in the behavioral and integrated health workforce: Opportunities and future directions. American Journal of Preventive Medicine, 54(6 Suppl. 3), S258–S266.
Réf. 508 : Silver, J., & Nemec, P. B. (2016). The role of the peer specialists: Unanswered questions. Psychiatric Rehabilitation Journal, 39(3), 289–291.

La trajectoire de carrière la plus courante n’a que deux échelons : pair spécialiste et superviseur de pairs. Une étude de quatre États a montré que la plupart des prestataires n’avaient pas d’échelles de carrière à plusieurs niveaux (page 115, Chapitre 4)

Réf. 509 : Chapman, S. A., Blash, L. K., Mayer, K., & Spetz, J. (2018). Emerging roles for peer providers in mental health and substance use disorders. American Journal of Preventive Medicine, 54(6), S267–S274.

Les administrateurs peuvent envisager d’établir une trajectoire de carrière claire pour stabiliser le rôle de pair et contribuer à leur satisfaction et rétention au travail (page 115, Chapitre 4)

Réf. 510 : Byrne, L., Roennfeldt, H., Wolf, J., Linfoot, A., Foglesong, D., Davidson, L., & Bellamy, C. (2021). Effective peer employment within multidisciplinary organizations: Model for best practice. Administration and Policy in Mental Health. Advance online publication. doi:10.1007/s10488-021-01162-2
Réf. 511 : Lapidos, A., Jester, J., Ortquist, M., Werner, P., Ruffolo, M. C., & Smith, M. (2018). Survey of peer support specialists: Professional activities, self-rated skills, job satisfaction, and financial well-being. Psychiatric Services, 69(12), 1264–1267.

Exemple : Ventura County (CA) Behavioral Health a trois niveaux : Peer Specialist I (stagiaire), Peer Specialist II (niveau intermédiaire), Peer Specialist III (niveau avancé). Les qualifications, responsabilités et la rémunération augmentent à chaque niveau (page 115, Chapitre 4)

Réf. 512 : Ventura County (CA). (2022). Peer specialist I/II/III. https://www.governmentjobs.com/careers/ventura/jobs/3491140/peer-specialist-i-ii-iii

Cependant, le panel d’experts met en garde : les trajectoires qui professionnalisent ou hiérarchisent les pairs peuvent faire perdre leur capacité de lien « de pair à pair » avec les personnes en rétablissement (page 115, Chapitre 4)

Aucune référence spécifique citée (avis du panel d'experts).

 

Gérer les questions de récurrence d’usage de substances

Lorsqu’ils développent des politiques pour les pairs, les administrateurs devraient traiter la récurrence d’usage problématique de substances comme une question de ressources humaines. Si les pairs vivent une récurrence d’usage, ils devraient recevoir du soutien et des orientations conformément aux politiques du programme et aux lignes directrices nationales et étatiques (page 105, Chapitre 4)

Aucune référence spécifique citée (avis du panel d'experts).

Source(s) principale(s)

SAMHSA, « Incorporating Peer Support Into Substance Use Disorder Treatment Services (TIP 64) », Substance Abuse and Mental Health Services Administration, 2023. http://www.ncbi.nlm.nih.gov/books/NBK596262/.

Recension du GT pair-aidance en addictions

Cette fiche complète un guide de synthèse sur la pair-aidance en addictions  réalisé dans le cadre du projet Hôpital et Addictions.

Elle fait partie d’un cahier de ressources thématiques, téléchargeable au format PDF.

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